Vase en grès émaillé, Jean Pointu, grès de Puisaye, Ecole de Carriès, Art Nouveau, 1910

Vase en grès émaillé, Jean Pointu, grès de Puisaye, Ecole de Carriès, Art Nouveau, 1910

Vase, Jean Pointu
Grès de Puisaye  – école de Carriès
ca. 1910

 

Ce vase balustre a été réalisé par Jean Pointu vers 1910, peu de temps après son installation à Saint-Amand en Puisaye, en 1906 parmi les céramistes de l’Ecole de Carriès. Auparavant il s’est formé au métier de céramiste à Nevers auprès des faïenciers. Il a travaillé en divers endroits avant de s’installer dans la région de Puisaye.

Bien que le maître, Jean Carriès, a disparu depuis quelques années déjà, Jean Pointu découvre et développe auprès des suiveurs encore présents à Saint-Amand, le travail du grès dans le goût japonisant mis à l’honneur par Jean Carriès à la fin du XIXe siècle.

Les grès japonais sont « découverts » par le grand public et les artistes en 1878 lors de l’Exposition Universelle à Paris. C’est une révélation pour Carriès qui, de sculpteur, devient « potier ». Il s’installe alors à Montriveau en Puisaye où une tradition du grès existe depuis le XIVe siècle. Il créé alors des vases aux formes japonisantes, issues de la vaisselle de la cérémonie du thé ; mais également des vases déformés, des sculptures effrayantes, le tout recouvert de superpositions d’émaux de toute sorte.

Il est suivi par différents céramistes, tel que Paul Jeanneney, Georges Hoentschel, Eugène Lion…

Tous ont des similitudes dans leur approche du travail du grès, et leurs différences… Jean Pointu se caractérise par un travail très maîtrisé. Il cherche à laisser le moins possible de chance au hasard contrairement à quelqu’un comme William Lee. Ses vases sont cuits au départ dans un four traditionnel couché, protégés par des saloirs en guise de cazettes. Plus tard il utilisera des moules moufles afin que les pièces ne soient plus en contact direct avec la flamme, ce qui permet une meilleure maîtrise du rendu de l’émail et de sa cuisson.

La forme de ses vases diffère elle aussi de l’Ecole de Carriès et de la tradition potière de Puisaye et s’inspire beaucoup plus des grès japonais : les lignes sont épurées, les formes bombées ou galbées. La palette de couleur au début assez sombre, s’éclaircit avec le temps, ses émaux sont mats et délicatement fondus, donnant un aspect « fourrure de lièvre » qui devient sa marque de fabrique.

Il travaille en collaboration avec son fils, Léon, ainsi que des tourneurs locaux. Il signe au départ ses vases d’un « P » fleuri au tampon, puis d’un « .U » inscrit à l’émail sous la base.